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Nouvelles a suivre!
samedi 26 juillet 2008, a 09:28
RENCONTRE D'UNE MAIN DANS LE METRO ( VI )

A l'arrêt suivant le wagon du métro commença enfin à s'éclaircir, et à l'idée de découvrir enfin ma mystérieuse inconnue, mon cœur battait la chamade et mes pupilles dilatées se trouvaient plus que jamais aux aguets. Toutefois, au moment précis où cette opportunité enfin m'être donnée, un importun monopolisa subitement mon attention en me bousculant.

 

Ce ne furent que quelques malheureuses secondes ! – mais pendant lesquelles je perdis de vue celle que je convoitais depuis une demi-heure !… Je sursautai presque aussitôt en croyant l'identifier, non loin de moi, assise sur un strapontin, les mains blotties dans son giron – était-ce donc bien elle ? Hélas... cette jeune personne, sans être laide, était cependant si peu conforme à mes goûts que l'idée même d'avoir projeté sur elle certains de mes fantasmes ne fut pas sans m'inspirer quelque dégoût.

 

Consterné, abasourdi, déçu, mais véritablement, au point d'en éprouver de la tristesse, je baissai les yeux, méditant sur cet étrange et incommensurable pouvoir qu'a l'imagination sur nos sens. Puis, je me mis de nouveau à la considérer furtivement, comme en quête d'une improbable explication à l'exaltation si puissante qui avait embrasé mon âme et ma chair quelques instants plus tôt, et dont – je le répète, il me demeure encore le souvenir tout frais aujourd'hui !

 

Comme si la déception n'était pas suffisante, cette jeune personne me remarqua et se méprit de manière inattendue sur l'intérêt que je lui portais, ce à quoi je répondis machinalement par un sourire forcé, avant de détourner maladroitement le visage.

 

Que la vie est bizarre, et les circonstances, si imprévisibles ! Je songeai avec amertume que si c'était sa physionomie que mon regard avait croisée en premier lieu, je n'aurais probablement rien trouvé de si remarquable à ses mains ! Cette réflexion eut pour effet immédiat de raviver en moi la vision de la main, la belle et ravissante main de rêve qui m'avait tant troublé. Instinctivement, je me retourne vers elle, avec un curieux pressentiment… la main aurait-elle perdu tout pouvoir sur moi dès lors que je ne ressentais aucune attirance pour le reste du corps ? N'était-ce pas la main, et uniquement la main, qui indépendamment de tout, avait complètement bouleversé mes sens ?

jeudi 24 juillet 2008, a 08:17
Que pensez-vous qu'il arriva ?

 

Un grand bonjour a vous tous, lecteurs !

 

Et merci chaleureusement d'avoir suivi jusqu'a present "Rencontre d'une main dans le metro"! Si vous me decouvrez, veuillez commencer au bas de la page pour suivre cette nouvelle. Cependant, j'espere toujours quelques commentaires de votre part ! Aimez-vous ma nouvelle ? Auriez-vous des suggestions afin de l'ameliorer ?

Que pensez-vous qu'il arriva avec cette merveilleuse main dont je m'etais epris, il y a fort longtemps, dans le metro parisien ?

 

 

La sixieme partie arrive bientot!

 

Renart

mercredi 23 juillet 2008, a 06:59
Rencontre d'une main dans le metro ( V )

Maintenant, je ressentais plus que jamais le besoin de l'embrasser, un besoin pressant, étourdissant, qui battait à mes tempes comme un tambour forcené.

 

Enfin, après m'être assuré d'un coup d'œil furtif qu'aucun regard ne m'épiait, je me trouvai de nouveau sur le point de céder à la tentation lorsque je me ravisai aussitôt : dans la fièvre de mon esprit, une pensée plus astucieuse m'était venue. Souvent ainsi le désir fouette-t-il l'imagination au point de nous faire concevoir en quelques secondes un stratagème entièrement destiné à sa réalisation. J'avais déjà remarqué que la main dépliait ses doigts en éventail par intervalles réguliers, comme pour se dégourdir, et qu'il me suffirait par conséquent de ne m'approcher que très légèrement d'elle pour la frôler – ou plutôt qu'elle me frolât, elle – en un simulacre de baiser, et ceci de la façon la plus involontaire du monde !

Ne quittant pas la main des yeux, je m'armai donc encore d'une minute de patience qui me parut une éternité. J'avais approché encore davantage mes lèvres d'elle, la touchant quasiment. Ainsi que je l'avais prévu, ses doigts ressentirent bientôt de nouveau le besoin de se délasser, et en s'étirant, allèrent – pour ma plus grande excitation ! – s'insinuer naturellement entre mes lèvres – que je presse alors doucement ! – à la manière d'un baiser, pour en cueillir le nectar !

 

A ce contact étranger cependant, la main effarouchée s'était aussitôt retirée, et, pris d'un sentiment de culpabilité aussi superficiel qu'éphémère, je me figurai la jeune femme incommodée ou du moins mal à l'aise. M'en aurait-elle beaucoup voulu ? Comment eût-elle réagi ? Mais ne m'étais-je pas débrouillé, dans ma hardiesse, pour que sans cette promiscuité qui nous dérobait l'un à l'autre, la belle inconnue elle-même aurait balbutié d'adorables excuses pour l'audace que j'avais commise ?

 

O expérience vertigineuse !... Je venais d'éprouver la sensation la plus délicieuse de ma vie, plaisir subtile, délicat et rare s'il en fût jamais – celui du baise-main volé ! – véritable avant-goût, je me plus à imaginer, des mille et une caresses d'une seule nuit torride passée avec cette merveilleuse créature…

 

 http://www.boosterblog.com

 

 

 

Vous pourrez lire la suite dans la sixième partie !

mercredi 16 juillet 2008, a 00:54
Rencontre d'une main dans le metro ( IV )

Après avoir chassé cette folie de mon esprit, il m'apparut extraordinaire, presque inconcevable, qu'aucun autre passager que moi n'eût remarqué cette main parfaite, et peut-être, sa belle propriétaire. Les regards étaient impassibles ou rêveurs, comme en hibernation. Personne ne l'avait vue, cette main, qui semblait n'exister que pour moi, comme si – en réalité – c'était moi – mes fantasmes – qui, échauffés par la chaleur de nos corps, cette quasi-intimité dans laquelle ils se mêlaient, l'avait imaginée, créée, ou du moins – déformée, embellie la main ordinaire et sans attrait qui occupait vraiment sa place.

 

A l'arrêt suivant, le wagon fut assailli par une nouvelle marée humaine qui, malgré ma vigilance, continua de me dissimuler la mystérieuse personne. La main seule restait, aggripée à la rampe, maintenant à peine à cinq centimètres de mes lèvres, comme offerte à mon baiser. Et moi je demeurais là, le sang me montant à la tête, submergé de fantasmes, obnubilé par mon désir inassouvi de l'embrasser.

 

Je ne pris pas garde aux quelques éclairs de lucidité qui me traversèrent la tête pendant ce laps de temps et qui semblaient surtout vouloir prévenir une imminente déception au sujet de la « belle » inconnue ! Certes, il suffirait peut-être de l'entrevoir pour éteindre en moi tout désir, et cela était même plus que probable tant la nature est capricieuse dans ses desseins cachés !  Mais ces réflexions se perdaient en échos lointains dans les tréfonds de mon âme subjuguée. Qu'importait le reste du corps ? Pour l'instant, la main seule comptait, cet érotisme qu'elle dégageait à elle seule, et pendant quelques minutes encore, pendant que le métro avançait, je demeurai son esclave inconditionnel, son fétichiste, entièrement occupé d'elle, attentif à ses moindres mouvements, ses palpitations les plus imperceptibles, comme si elle eût été indépendante du reste du corps…

lundi 14 juillet 2008, a 19:51
Rencontre d'une main dans le metro ( III )

Pendant quelques temps donc, je continuai à examiner la main qui s'offrait à moi en gros-plan, m'extasiant tour à tour sur son dessin, ses lignes, sa couleur, en lui recensant bien une centaine de qualités. Mais plus je la regardais, plus l'amateur de belles choses en moi laissait la place au prédateur qui sent instinctivement qu'il a trouvé une proie à son goût. Mon admiration s'éclipsa donc peu à peu avec la montée de mon désir, mais un désir étourdissant, qui battait à mes tempes, me dictant de l'approcher, la toucher, l'embrasser, cette main, d'y poser les lèvres ne serait-ce qu'une seule fois !...

 

Car cette main de femme ne semblait pas avoir été conçue pour autre chose que les plaisirs terrestres. Sa douceur était palpable du regard ; ses caresses, je les imaginais ardentes et passionnées. Pour tout dire elle dégageait une sensualité si forte que sans m'en apercevoir j'avais tendu le cou vers elle, et avec mon cou, toute mon âme, tous mes sens à l'affût, prêts à se l'approprier. Mon regard – je le sentais – n'avait jamais été aussi intense, comme hypnotisé par la vision enchanteresse, tandis que mes narines palpitaient, émoustillées par ce que je croyais être son parfum ; et que dire de mes lèvres entr'ouvertes, ces deux lèvres gourmandes qui mouraient d'envie de se jeter sur elle pour la dévorer de baisers !...

 

Peut-être d'ailleurs la main sentit-elle ma présence haletante, la caresse invisible de mon souffle, parce qu'au même moment elle s'étira paresseusement, dépliant ses longs doigts majestueux devant elle, comme pour se dégourdir, mais de manière si suave, si suggestive, que mes lèvres faillirent céder, dans une moue naissante, à la tentation de l'embrasser. Et si j'avais osé ? Aucun visage ne me faisait face, personne ne m'aurait vu… – mais non, cela était insensé ! Comment l'inconnue eût-elle réagi ?... Et pourtant, au milieu d'une pareille foule, dans cette promiscuité propice aux contacts involontaires, sans doute n'y eût-elle vu que du feu…

mercredi 09 juillet 2008, a 18:22
Rencontre d'une main dans le métro ( II )

Je la revois devant moi, sensuelle, d'une beauté inconcevable, irréelle… et aujourd'hui encore elle remue en moi, à ce moment précis, une pulsion érotique très particulière tout au fond de mes entrailles ! Au risque de me répéter – ces épithètes impuissantes ne m'en permettent pas moins d'épancher l'admiration sans borne que j'éprouvai alors et que j'éprouve encore aujourd'hui! – c'était… une main vraiment exceptionnelle, d'une délicatesse infinie, la grâce même – mais une grâce divine, comme née du génie subtil et transcendant d'un sculpteur ou d'un peintre épris de beauté. Sur cette colonne d'autres mains, elle se détachait, unique, d'un blanc immaculé, menue et vulnérable. Ses doigts étaient des doigts de fée, fins comme des baguettes, sans alliance ni bague, ornés d'ongles soignés, de couleur nacre, lisses et polis au bout, d'un arrondi impeccable.

 

Pendant presqu'une minute je ne la quittai pas des yeux, comme abasourdi, hypnotisé ; puis, tout mon intérêt se projeta soudain sur la propriétaire de ce chef d'œuvre de beauté ; où était-elle ? A quoi ressemblait-elle ? Tous ces passagers indifférents et immobiles la dérobaient à mon regard, exacerbant ma curiosité, faisant naître en moi mille suppositions, avec au bout cette question fondamentale qui demeurait sans réponse : l'inconnue serait-elle digne de porter pareille main ? Je me penchai, relevai la tête puis la baissai encore, tendis le cou, affûtant mes pupilles dilatées ! – mais la foule agglutinée devant moi formait un amas compact qui m'empêcha de la distinguer. Seul son avant-bras se dévoilait, tendu vers la rampe, un avant-bras tout fin et prometteur, avec au bout cette main exquise qui s'agrippait.

 

Bien qu'invisible, je n'en fantasmai pas moins sur la splendide créature qui devait se trouver là, parmi les passagers, à la fois invisible et proche, et qui d'une main tendue vers moi m'aguichait à son insu ! Au fond, peut-être valait-il mieux qu'elle conservât son mystère ; car je ne pouvais m'empêcher de songer que si ses traits n'avaient pas revêtu la même grâce, la même perfection que sa main – ma déception eût été infinie !

mardi 08 juillet 2008, a 07:50
Rencontre d'une main dans le metro ( I )

 

 Je me souviens très bien du jour où me fut pleinement révélée la beauté particulière que revêt parfois une main de femme. C'était une journée comme les autres, riche en émotions et toutes sortes de sensualités rêvées. J'étais dans le métro parisien, au retour de l'Université. Et je commençais à tomber en léthargie dans l'épaisse chaleur du train bondé lorsque je fis la rencontre la plus mystérieuse et la plus romanesque de ma vie.

 

L'atmosphère était véritablement celle d'une étuve. Nous nous pressions les uns contre les autres, serrés comme des sardines, baignant dans cette moiteur communicatrice des heures de pointe. Or dans chaque wagon se trouve, au milieu, vis-à-vis des portes, une rampe verticale à laquelle peuvent s'agripper les voyageurs debout. Ce jour-là, les strapontins étant bien entendu hors de question, je m'y retenais aussi d'une main ferme, une main serrée entre tant d'autres, résistant tant bien que mal à l'afflux de passagers qui, à chaque station, emplissait un peu plus le wagon.

 

Et nous voyagions ainsi avec l'extraordinaire patience des usagers parisiens, lorsque mon attention oisive se concentra soudain sur la rampe verticale que je serrais dans ma paume humide depuis un bon quart d'heure, où pas moins d'une quinzaine de mains revendiquaient âprement leur place ! Et, les passant machinalement en revue de haut en bas, mes yeux stupéfaits s'arrêtèrent soudain sur elle, cette main extraordinairement belle, somptueuse, exquise, dont je n'ai plus revu par la suite le dessin délicat chez aucune autre femme – ni dans ma vie ni dans mes rêves ! Oui, c'est là, sur cette rampe verticale, qu'elle se cramponnait hardiment, presque à hauteur de mes lèvres, dangereusement serrée entre deux paluches grossières qui à la moindre bousculade menaçaient de la broyer.

 

 

 

... la suite dans deux jours

Présentation
Renart, conteur et poète...
Venez revivre avec moi les émotions singulières que vous avez peut-être ressenties un jour, des sentiments étranges, secrets, indicibles, que nous avons peut-être partagés, et qui nous ont, souvent sans raison, marqués à jamais ; et que je sois votre guide dans cette quête nostalgique, moi, peintre des impressions volatiles, collectionneur de moments fugaces, ramasseur de détails insignifiants.

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